Damiano. Medicine student in Rome. C'est moi. Photoblog. Twitter.

(via besieging)

Guillaume Apollinaire, Calligrammes (via solidair)

Guillaume Apollinaire, Calligrammes (via solidair)

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire, “L’invitation au voyage” tiré de Les Fleurs du Mal-Spleen et Idéal

(Source: fr.wikisource.org)

Le spleeff de Paris : Baudelaire, pas si drogué qu'on le croit

Ah ! Cette fiole de laudanum, opium dilué dans l’alcool… Dans « Chambre double » tirée du « Spleen de Paris » (1861), elle est présentée comme une « vieille et terrible amie ». Elle arrive dès 1847 sur sa table basse pour combattre les affres de la dépression et alléger ses douleurs intestinales issues de la syphilis, probablement contractée durant sa relation avec la prostituée Sarah la Louchette dès le début des années 1840.

Consommation d’ordre médical, donc. Tout comme celle de Thomas de Quincey, qui souffrait de névralgies faciales aiguës ; la traduction de ses « Confessions d’un Anglais mangeur d’opium » (1822) fournira à Baudelaire la deuxième partie des « Paradis artificiels ».

Dans une lettre à sa mère datée du 17 février 1866, Charles indique une consommation maximum de 150 gouttes par jour d’une préparation deux fois plus forte que celle de Quincey, mais l’Anglais en consommait 8 000 gouttes par jour…

Toxico modéré, l’auteur de « L’Invitation au voyage » tente une rehab en 1860, au moment même de la publication intégrale des « Paradis artificiels » et sans doute en suivant l’exemple du sevrage de Quincey.

L’ouvrage se révèle moraliste (« Les chercheurs de paradis font leur enfer, le préparent, le creusent avec un succès dont la précision les épouvanterait peut-être »), mais ses visions illuminées suscitent la tentation :

« L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes, allonge l’illimité, approfondit le temps, creuse la volupté et de plaisirs noirs et mornes remplit l’âme au-delà de sa capacité. »

L’opium n’est plus thérapeutique : il devient un puissant adjuvant créatif, par conséquent destiné aux artistes et à eux seulement. On lit alors dans « L’Homme-Dieu » (1860) :

« Pour juger les merveilles de l’opium, il serait absurde d’en référer à un marchand de bœufs ; car celui-ci ne rêvera que bœufs et pâturages. »

Though lovers be lost love shall not.

Dylan Thomas, “And death shall have no dominion”, Twenty-five Poems (1936)

MA BOHÈME

(Fantaisie)

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J’allais sous le ciel, Muse! et j’étais ton féal;
Oh! là là! que d’amours splendides j’ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
—Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse;
—Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur!

Octobre 1870.

Arthur Rimbaud

Bright star, would I were steadfast as thou art
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like Nature’s patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors
No - yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever — or else swoon to death.

— John Keats, “Bright star”, poems published in 1820

Mare dentro
Mare dentro
Senza peso nel fondo
Dove si avvera il sogno
Due volontà fanno avere un desiderio nell’incontro
Il tuo sguardo, il mio sguardo
Come un eco che ripete senza parole
“più dentro, più dentro”
Fino al di là del tutto
Attraverso il sangue e il midollo
Però sempre mi sveglio
E sempre voglio essere morto
Per restare con la mia bocca sempre preso nella rete dei tuoi capelli.

Mar adentro di Alejandro Amenábar e Mateo Gil

(Giuseppe Ungaretti, Derniers Jours, “Roman Cinéma - à Blaise Cendrars”)

- Paris
- le temps de partir
- le temps de compter le temps passé
- de se dire
- il ne reste que de souvenirs

(my Summer Palace - et désemparé maintenant)

(Giuseppe Ungaretti, Derniers Jours, “Roman Cinéma - à Blaise Cendrars”)

- Paris
- le temps de partir
- le temps de compter le temps passé
- de se dire
- il ne reste que de souvenirs

(my Summer Palace - et désemparé maintenant)

“Ho disegnato” di Vivian Lamarque

Ho disegnato una piccola casa di cemento
poi ho aperto la porta
e ti ho messo dentro
quando scenderà la notte e sentirai bussare
non sarà il vento
saranno le stelle a cento a cento.

da “Poeti”, “Poesie 1972-2002”

Une heure est un lac
Une journée un mer
La nuit une éternité
Le réveil l’horreur de l’enfer
Se lever une bataille pour la clarté

Joseph Roth, mots griffonnés au table du Café de Tournon, Paris

They are not long, the weeping and the laughter.
Love and desire and hate:
I think they have no portion in us after
We pass the gate.
They are not long, the days of wine and roses:
Out of a misty dream
Our path emerges for a while, then closes
Within a dream.

Ernest Dowson, “Vitae summa brevis spem nos vetat incohare longam”

To earth and human life, I mean to speak
Of that delightful time of growing youth,
When cravings for the marvellous relent,
And we begin to love what we have seen;
And sober truth, experience, sympathy,
Take stronger hold of us, and words themselves
Move us with conscious pleasure.

William Wordsworth, The Prelude, Book fifth

Vie

Corruption qui se pare d’illusions
Giuseppe Ungaretti, Derniers Jours

Well, I say to live it out like a god
Sure of immortal life, though you are in doubt,
Is the way to live it.
If that doesn’t make God proud of you,
Then God is nothing but gravitation,
Or sleep is the golden goal.

Edgar Lee Masters, Davis Matlock’s poem