Damiano. Medicine student in Rome. C'est moi. Photoblog. Twitter.

distantheartbeats:

Raymond Carver, Next Year

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Raymond Carver, Next Year

(via besieging)

On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

Antoine de Saint-Exupéry, “Le petit prince” (via sunny-skies)

Si quelques siècles venaient par miracle s’ajouter au peu de jours qui me restent, je referais les mêmes choses, et jusqu’aux mêmes erreurs, je fréquenterais les mêmes Olympes et les mêmes Enfers. Une pareille constatation est un excellent argument en faveur de l’utilité de la mort, mais elle m’inspire en même temps des doutes quant à sa totale efficacité.

Marguerite Yourcenar, “Mémoires d’Hadrien”, édition Gallimard-folio n° 921, page 311

Il n’y a pas qualité si plaisante de la jeunesse qui ne puisse, à vieillir, se gâter.

Andrè Gide, “La porte étroite”, édition Folio-Mercure de France n° 210, page 46

You expected to be sad in the fall. Part of you died each year when the leaves fell from the trees and their branches were bare against the wind and the cold, wintry light. But you knew there would always be the spring, as you knew the river would flow again after it was frozen. When the cold rains kept on and killed the spring, it was as though a young person had died for no reason.

Ernest Hemingway, “A Moveable Feast”

Remembering is an ethical act, has ethical value in and of itself. Memory is, achingly, the only relation we can have with the dead. So the belief that remembering is an ethical act is deep in our natures as humans, who know we are going to die, and who mourn those who in the normal course of things die before us—grandparents, parents, teachers, and older friends. Heartlessness and amnesia seem to go together. But history gives contradictory signals about the value of remembering in the much longer span of a collective history. There is simply too much injustice in the world. And too much remembering (of ancient grievances: Serbs, Irish) embitters. To make peace is to forget. To reconcile, it is necessary that memory be faulty and limited.

Regarding The Pain Of Others - Susan Sontag (2003). (via starcrossed)

(Source: besieging)

Snobismes capitaux

Snobisme n° 1 : il écrit Son snobisme consiste à le clamer. Vous rencontrez un écrivain dans la rue, et à la question “Ça va ?”, il répond aussitôt “J’écris, j’écris, j’écris…” D’ailleurs, posez-lui n’importe quelle question, demandez-lui l’heure par exemple, il adaptera : “En ce moment, j’écris.” Le pire étant l’écrivain en herbe qui n’a rien publié mais vous tanne depuis trois ans avec son premier roman qu’il est en train d’écrire.

Snobisme n° 2 : le Flore Le café de Flore ou la Closerie des Lilas, ou n’importe quel autre lieu dit “littéraire” dans n’importe quelle ville. Le snobisme de l’écrivain, c’est de ne fréquenter que les lieux où vont les écrivains pour se donner la certitude qu’il en est un, d’écrivain.

Snobisme n° 3 : sa fausse solitude Ecrire en rebelle mais vivre en bourgeois, disait à peu près Flaubert.

Snobisme n° 4 : Michel Houellebecq C’est le seul de ses contemporains devant lequel il s’incline (il a trop de succès, il serait suspect de le dénigrer), mais il attend toujours un an avant de lire son dernier livre, pour se faire une idée “hors du foin médiatique”.

Snobisme n° 5 : ses amis écrivains Hormis Houellebecq, l’écrivain n’est pas compliqué, il n’aime en fait d’autres écrivains vivants que ses amis ou les auteurs qui l’ont aidé, même s’il s’agit des plus médiocres littérateurs - sinon, en règle générale, il préfère les morts, Cervantes par exemple. De toute façon, il préférera toujours se relire lui-même avant de s’endormir.

par Nelly Kaprièlian, Les cinq snobismes capitaux de l’écrivain”, Lesinrock

Anna ne put s’en remettre et prit congé de la vie à sa modeste manière, si doucement et discrètement qu’on ne s’aperçut point qu’elle mourait, mais seulement qu’elle était morte.

André Gide, “Si le grain ne meurt”

Hélas ! pour qui connut le dieu, combien mornes et désespérées les périodes débilitées où il ne consent plus à paraître !

André Gide, “Si le grain ne meurt”

Du coup je me persuadai qu’il est bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu’on ne les a pas tentées.

André Gide, “Si le grain ne meurt”

Je sentais inexplicablement que quelque chose s’exprimait là, de plus puissant que la décence, que le sommeil et que la nuit.

André Gide, “Si le grain ne meurt”

Ah ! cher ami, que les hommes sont pauvres en invention. Ils croient toujours qu’on se suicide pour une raison. Mais on peut très bien se suicider pour deux raisons. Non, ça ne leur entre pas dans la tête.

Albert Camus, “La chute”, édition Gallimard-folio n° 10, page 80
Susan Sontag (1975) by Peter Hujar

Susan Sontag (1975) by Peter Hujar

(Source: espresso.repubblica.it)

An intellectual? Yes. And never deny it. An intellectual is someone whose mind watches itself. I like this, because I am happy to be both halves, the watcher and the watched. “Can they be brought together?” This is a practical question. We must get down to it. “I despise intelligence” really means: “I cannot bear my doubts.”  I prefere to keep my eyes open.

Albert Camus (1913-1960)
Notebooks 1935-1951 
Notebook I. May 1935 - September 1937

(via motobrowniano)

(via chutzpah2011)