Damiano. Medicine student in Rome. My life before. C'est moi. Photoblog. Twitter.

Libye: l'honneur perdu d'Angela Merkel

C’était en février 2003. Angela Merkel, chef de file de l’opposition conservatrice CDU-CSU, s’excusait, dans un article publié par le Washington Post, auprès de l’administration Bush de l’opposition de l’Allemagne, alors dirigée par une coalition socialiste et écologiste, à la guerre en Irak. Pour elle, son pays aurait dû soutenir des États-Unis, au nom de son engagement transatlantique. […] En mars 2011, changement de décor : l’Allemagne désormais dirigée par Angela Merkel s’abstient, avec la Chine et la Russie, lors du vote de la résolution 1973 de l’ONU autorisant le recours à la force pour stopper les forces de Kadhafi… Ce qui lui vaut les vifs remerciements du dirigeant libyen, le soutien d’Hugo Chavez, l’autoritaire président Vénézuélien, et, en Allemagne, la bruyante approbation de Die Linke, la gauche radicale. « J’ai honte de me retrouver, en tant qu’Allemande, du côté de la Chine et de la Russie », m’a déclaré tout à l’heure la députée européenne écologiste Franziska Brantner. Un sentiment largement partagé par les médias allemands de tous bords, sidérés de voir leur pays abandonner leurs alliés traditionnels, alors que la cause qu’il s’agit de défendre est pour le moins incontestable.

Angela Merkel, une nouvelle fois, gouverne en fonction d’impératifs de politique intérieure, sans aucune considération pour ses engagements européens et atlantistes, et surtout sans aucune commisération pour le peuple libyen qui lutte pour sa liberté. « Elle espère, en jouant sur le pacifisme allemand qui est fort, rééditer, par son opposition à la guerre, le coup de Gerhard Schröder et Joschka Fischer sur l’Irak, et gagner les élections régionales du Bade-Würtemberg qui s’annoncent périlleuses pour elle », analyse Daniel Cohn-Bendit, le co-président du groupe Vert au Parlement européen. « Elle espère aussi faire oublier sa position sur le nucléaire, après la catastrophe japonaise, car elle sait que l’opinion n’était pas favorable à la prolongation de la durée de vie des centrales de douze ans qu’elle a fait voter en septembre 2010 et qu’elle a suspendu lundi dernier ». […] « Si je peux comprendre que le gouvernement allemand refuse une intervention militaire, je ne peux admettre qu’il n’ait pas voté la résolution et proposé d’autres mesures de rétorsion, comme l’embargo sur les armes », insiste ainsi Franziska Brantner. […]

Et les dommages collatéraux risquent d’être importants : alors que l’Allemagne plaide pour une politique étrangère commune et une défense européenne, elle vient de démontrer qu’un tel choix serait, pour des pays comme la France ou la Grande-Bretagne, la paralysie assurée. Merkel a aussi enfoncé un coin, sur un sujet majeur, entre Berlin et Paris, Londres et Washington, excusez du peu. Est-ce que l’effet sera durable ? Sans doute pas : d’une part, la chancelière n’est pas éternelle et le SPD n’est absolument pas sur cette ligne ; d’autre part, les Européens ont trop besoin de l’Allemagne sur le plan économique. Mais Angela Merkel chercherait à administrer la preuve qu’elle n’a strictement aucun sens de l’histoire qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.

Les peuples qui viennent de gagner seuls leur liberté et leur dignité n’ont certainement pas fait la révolution chez eux pour venir vivre chez nous ! Arrêtons donc de débattre de l’immigration dans les termes de nos peurs.

Jaques-René Rabier, La libre circulation des étudiants, premier trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée”, Libération

Gioventù bruciata

[…] Al momento, chi va in pensione o sta andandoci è sicuro di ottenere circa il 95 per cento della media dei compensi degli ultimi anni.
Non così il precario nato dopo il ‘70: la percentuale crolla dal 95 al 36. Fra 20 anni, quando andrà in pensione, riceverà - se avrà lavorato 32 anni su 40 - 340 euro al mese. Duro in tali condizioni fabbricare futuro, generare figli che non potremo sostenere e non ci sosterranno, impoveriti anch’essi.

I rivoltosi vedono questo, guardandosi allo specchio: uno scenario che mette spavento. Che ti porta a dire, visto che a nulla è servito il titolo di studio: non resta che farmi menare dalla polizia. Esibisco la mia bile nera, come gli eroi di Moby Dick che è uno dei miei libri-vessillo. Non mi resta, come in Gioventù Bruciata di Nicholas Ray, che il chicken run. Il chicken run è la gara mortale che James Dean ingaggia coi compagni: vince chi guida l’auto sino all’orlo del burrone, tentando di saltar fuori in extremis. Chi fugge la prova è un pollo, un vile. È significativo che a costoro si neghi oggi perfino il diritto a morire, quando sei attaccato a un tubo senz’averlo deciso.

Il chicken run che impregna il tumulto è argomento tabù. Se ne ragiona molto sul Web - l’agora di queste generazioni - ma poco sui giornali. C’è una complicità tacita, che impedisce alla verità d’esser disvelata. […]

Riformismo, accordi bipartisan: sono vocaboli inani, se usati solo per dissimulare tagli. Tutti hanno rovinato l’istruzione, il patto bipartisan già esiste (da Luigi Berlinguer a Mussi, Moratti, Gelmini). L’accordo non va cercato tra partiti ma tra l’Italia che è nello Stato sociale e quella che ne cascherà fuori. Non di patti bipartisan c’è bisogno, ma di dirigenti (politici, imprenditori, sindacati, accademici) che queste cose le guardino in faccia.

Anche il popolo del disagio ha sue responsabilità. È un punto su cui Boldrin insiste crudamente: “Cosa volete fare, ragazzi e ragazze? A favore di cosa siete scesi in piazza, oltre che contro il ddl Gelmini? Perché è questa, non altra, la questione che dovete avere il coraggio d’affrontare”. Il risentimento è comprensibile, ma il tema del merito sollevato dalla riforma resta. E che significa rottamare un ceto politico, se non invocare palingenetiche facce giovani? Perché difendere lo status quo universitario, finito in marasma? È come desiderare la crescita squilibrata che nel 2007 causò la crisi economica nel mondo. […]

di Barbara Spinelli, Gioventù Bruciata”, La Repubblica

Manifestations étudiantes en Europe

For people with HIV/AIDS who need medicines to stay alive, a ten-year wait to get a newer drug is not viable. They’ll die waiting. Half of all children born with HIV/AIDS won’t make it to their second birthday without treatment. We can’t let the EU shut down our supply of affordable newer medicines.

Ariane Bauernfeind, operational coordinator for MSF projects in South Africa, Malawi, Lesotho, and Zimbabwe. Help us send a message to the European Commission to keep their HANDS OFF OUR MEDICINE! (via doctorswithoutborders)

Imaginez-vous

Imaginez alors que, malgré le poids de l’héritage de plusieurs siècles de défense et de promotion de valeurs aussi universelles que les Droits de l’Homme, le jeu politique de la Démocratie moderne commence à aller contre la Démocratie ; que le jeu électoral le caractérisant prenne une tournure machiavélique, invitant ses différents acteurs à se livrer une guerre électorale des plus féroces laissant de côté les idéaux pour lesquels tous se battaient pourtant jusqu’alors. Que l’homme politique, au lieu de représenter, imaginer et protéger les intérêts de certains groupes de citoyens, finisse par ne plus représenter que ses propres intérêts politiques ; qu’il produise une offre politique non plus en réponse à une certaine idée qu’il se fait de son pays, mais plutôt par rapport à une l’idée qu’il a de ses ambitions personnelles.

Imaginez donc une République où le principe d’Égalité est si bien défendu que le pouvoir en place décide, par simple effet d’annonce surement, de différencier ses citoyens selon leurs origines ; qu’il applique une définition sélective du concept de nationalité, certains l’ayant pleinement, d’autres pouvant la perdre pour mauvaise conduite.

Imaginez ensuite une République qui cherche à assurer la sûreté de tous en tenant un discours sécuritaire principalement basé sur la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui diffère ; une recherche de la cohésion sociale comme composante de la sûreté de tous et du bien commun en favorisant le communautarisme et en stigmatisant toute une partie de sa population.

Imaginez aussi une République qui protège son attachement fondamental à la laïcité en laissant ses plus hauts dignitaires faire des déclarations la remettant pourtant complètement en cause, suggérant une foi salvatrice là où le pacte social échouerait, exhortant à une croyance religieuse là où il faudrait une conviction politique.

Imaginez alors une République qui assure la survie de sa Démocratie en laissant un super-pouvoir présidentiel en place, remettant en cause l’équilibre nécessaire à toute Démocratie entre la responsabilité politique et l’étendue des pouvoirs d’un homme ; une démocratie qui transforme un arbitre, un garant de l’intégrité de la Constitution et des valeurs qu’elle renferme, en véritable leader politique alors Président, non pas de tous ses compatriotes, mais bien seulement de ceux qui pensent, disent et votent comme lui.

Imaginez une République, actrice historique de l’expansion du Droit international comme de l’Union Européenne, renier à ce point la liberté de circulation propre et fondamentale à l’Union Européenne qu’elle se retrouve sous le joug d’une procédure d’infraction législative instiguée par la Commission européenne.

Imaginez finalement une République si irréprochable dans sa défense des Droits de l’Homme que la première organisation protectrice de ces Droits, l’Organisation des Nations Unies, juge nécessaire de la rappeler à l’ordre aux yeux de tous ; une piqûre de rappel des valeurs universelles d’abord pensées par cette République qui doit sans cesse y réaffirmer son attachement.

La République est morte ! Vive la République !

par Léo Maidenberg et Pierre Mazer, Vive la République, vive la France !”, La règle du jeu

On parle de la France, bien sûr, mais cette question peut être abordée aussi à l’égard d’un continent européen toujours plus raciste et mesquin. (voyez-vois l’Italie, la Suisse, etc…)

L’extrême droite est en train de devenir la patronne et le modèle de la communication politique en Europe. C’est elle qui dicte, de plus en plus, les thèmes, les termes et les mots du débat. On ne parle plus de citoyenneté et de cohésion sociale mais d’identité nationale et de migrants. On ne fédère plus, on clive, on creuse des tranchées, on élève des murs (les uns plus hauts que les autres), on désigne, on fustige, on stigmatise ces non-semblables, qu’ils soient migrants de fraîche date ou ces « déjà plus-tout-à-fait-étrangers », ces « presque-nous-mêmes » nés ici. Et voilà de nouveau, hélas, ces mots autrefois bannis de l’espace public civilisé, ces mots jadis repoussés vers les obscurs sphères des extrêmes, ces mots qui offensent, qui humilient, qui menacent, qui blessent, qui excluent, et revoilà ces mots de nouveau remis en usage pour désigner publiquement « ces autres-là ». De la Russie à l’Italie, de la Hongrie aux Pays Bas en passant par la France, revoilà de nouveau la parole publique redonnée au ventre. […] Car le rôle du politique n’est plus manifestement d’accompagner la société dans la construction de son vivre-ensemble mais de caresser le peuple des votants dans le sens de ses murmures, de ses chuchotements, de ses préjugés. […] L’Europe va mal, très mal et elle aurait tort de continuer à se croire belle et inaccessible à la barbarie ; elle aurait tort de continuer à jouer, à mettre en scène – du haut de ces tribunes publiques – ces mots qui brouillent, ces mots qui fragmentent, qui fractionnent, qui stigmatisent, ces mots contraires à ses valeurs proclamées de respect de l’égale dignité de tous les hommes sans distinction d’origine. Car ne l’oublions pas : le bruit et la fureur commencent toujours par la banalisation de ces mots-là.

David Gakunzi, L’Europe va mal : stigmatisation et discours politique”, Ici et là-bas

Blame Hitler!

The ECB and European governments are embracing fiscal austerity and comparative monetary tightness in these extraordinary times because they remain paralysed by a terrible fear of inflation. The Federal Reserve has the dual mandate of controlling inflation and promoting employment. The ECB, by contrast, is concerned primarily with inflation. Never mind that the OECD data on inflation shows it is under control. The Europeans remain freaked out by the prospect of inflation at some point in the future. In its outlook, the OECD writes: “On inflation, the issue is not whether it is a risk today—it is not—but whether it will be a risk in two years’ time.” In the United States, the desire to avoid mistakes made in the distant and recent past have led to perhaps excessively vigorous fiscal and monetary policies. For Europeans, the desire to avoid mistakes made in the distant past has led to an excess of caution. […] A whiff of inflation and we think about Jimmy Carter. In Germany, when there’s a hint of a whiff of a trace of inflation, they think about Hitler.

by Daniel Gross, Blame Hitler”, Slate.com

(La crise?) «Vous me dites qu'un enfant de quatre ans comprendrait. Allez me chercher un enfant de quatre ans.»

C’est la réplique qu’adresse, à un de ses conseillers, le chef du gouvernement fraîchement nommé d’un pays imaginaire nommé Freedonie. C’est un moment fameux d’un des meilleurs films des Marx Brothers, «La Soupe aux canards».

[…]

C’est que les marchés n’ont nul besoin d’être rassurés. […] Ce que cherchent ces fameux marchés, ce sont les occasions de profits spéculatifs à court terme et les gouvernements européens -c’est l’impression qu’ils donnent- se laissent manœuvrer comme des débutants.

Au-delà de ces apparences, dont il faudrait rire si elles n’avaient des conséquences dramatiques pour les populations de ces pays, se déroule un véritable tour de passe-passe : on renfloue les entreprises, les banques et le système financier et on tente après coup de récupérer ces masses considérables par tous les moyens.

Comment ? Selon les pays et la vigueur du tour de vis, auprès des contribuables directement, des fonctionnaires et plus généralement au prix d’une paupérisation des services publics. La France avait inventé le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; l’Espagne ou l’Italie font plus fort en montant le curseur à un sur quatre. Effets de dégradation prévisibles:

- dans l’éducation, dont on nous répète à satiété et à juste titre que c’est la clé de l’avenir,
- dans la santé, alors que tous les pays européens ont une démographie vieillissante et donc une population fragilisée,
- dans la sécurité, dont on ne cesse de parler un peu à tort et à travers.

Autre effet immédiat : la baisse, voire la chute des dépenses de consommation. Car avant même que ces mesures de rigueur/austérité entrent en vigueur, le consommateur les a anticipées. Il a bien compris que le temps des vaches maigres était devant nous et qu’il valait mieux réduire la voilure tout de suite et mettre un peu d’argent de côté pour voir venir. […]

On a beaucoup glosé sur l’imbécillité des mesures prises par les uns et les autres après la crise de 1929. Que dira-t-on demain de celles qui sont adoptées, notamment en Europe, après la crise de 2008?

Oh how quickly the European Union has fallen out of fashion / 5 reasons Europe won’t run the 21st century

Oh how quickly the European Union has fallen out of fashion. Only five years ago, international observers gushed over the European superstate. Scholars praised its soft power and economists revered its massive GDP. Pop internationalist texts, such as Why Europe Will Run the 21st Century, bursted with optimism. But with Greece’s debt crisis in full view (and worries that the problem may spread to other parts of the continent) Europe’s outlook is looking surprisingly bleak. Notice the confluence of dreary Euro-gazing columns published over the weekend:

1. Culture and Demographics Lacking
Joel Kotkin at The Daily Beast writes: “[…] It’s imploding on its weak periphery, and the collapse is threatening even bigger players, including the United Kingdom. Europe’s problems extend well beyond policy, into the realm of culture and demographics. Even in France, people and what they do actually matter more than abstract ideas. A culture that believes in itself, not only to have children, but also start businesses and innovate will overcome one, however theoretically well managed, that does not. This is the fundamental problem of Europe as whole, although it does not apply equally to every individual country in the union.”

2. No Real Political Unity
writes George Will at The Washington Post: “The EU has a flag no one salutes, an anthem no one sings, a president no one can name, a parliament (in Strasbourg) no one other than its members wants to have power (which must subtract from the powers of national legislatures), a capital (Brussels) of coagulated bureaucracy no one admires or controls, a currency that presupposes what neither does nor should nor soon will exist (a European central government), and rules of fiscal behavior that no member has been penalized for ignoring. The euro currency both presupposes and promotes a fiction — that ‘Europe’ has somehow become, against the wishes of most Europeans, a political rather than a merely geographic expression.”

3. They Don’t Work Enough
writes Conrad Black at The National Post: “Here is the most chronic problem in Europe: Barely 30% of Europeans work, to sustain the rest. Working hours have been steadily reduced in most countries; holidays have multiplied, and perhaps even more than elsewhere, Europe has fled to service industry and public-sector employment, which is often not really productive work, or may be just disguised welfare, or at least workfare. Almost the whole continent has lumbered into double-digit deficits, […].”

4. Still Not Addressing Basic Problems
writes David Ignatius at The Washington Post: “The problem with the European package is that it postpones problems, rather than resolving them. […] But there’s nothing here to address the deeper structural imbalances between high-saving northern Europe and the spendthrift ‘Club Med’ countries of southern Europe that used the euro as a credit card.”

5. Too Top Down
Clive Crook of the Atlantic writes: “The European project was an elite-driven, top-down affair from the outset. […].”

by John Hudson, 5 Reasons Europe Won’t Run the 21st Century”, The Atlantic Wire

Ha senso salvare l’Europa sacrificando gli europei?

Torna la sfiducia sui mercati e ieri l’Italia, per collocare l’ennesima emissione, ha dovuto maggiorare il tasso d’interesse. Possibile che mille miliardi siano insufficienti a ripristinare la fiducia nel debito sovrano di Eurolandia? Ecco qualche cifra per aiutarci a rispondere a questa scomoda domanda. I soldi stanziati equivalgono all’8,4% del PIL dell’Unione Europea, ma coprono il 10,6% del suo debito pubblico complessivo, poca cosa quindi. Bastano appena a coprire fino al 2012 il deficit del Portogallo, della Spagna e forse anche dell’Irlanda (500 miliardi di euro), ma se il contagio si estende anche all’Italia e al Belgio, allora bisognerà ricorrere a ulteriori iniezioni di denaro. I mercati si chiedono dove troveremo tutti questi fondi, ricorrendo a un ulteriore indebitamento? Poiché non illudiamoci è il debito il cavaliere bianco che dovrebbe salvare dalla bancarotta la giovane moneta europea.
Tutti sanno che l’Europa non ha a disposizione la liquidità stanziata nel fine settimana e quindi la deve creare. E lo farà indebitandosi. La Commissione Europea venderà obbligazioni per 60 miliardi di euro usando come collaterale i 141 miliardi stanziati per il suo bilancio. Questi soldi andranno a rimpinguare il fondo d’emergenza della bilancia dei pagamenti europea, già usato nel 2008 per correre in aiuto di altri paesi dell’Unione: Lituania, Romania e Ungheria. Allora però l’esborso fu di appena 15 miliardi di euro.
I paesi membri ed il FMI stanzieranno 440 miliardi di euro; l’ammontare che ogni stato dovrà fornire dipenderà naturalmente dal peso economico che ciascuna nazione riveste nell’Unione, ciò significa che i tedeschi dovranno pagare di più dei portoghesi. Ma dato che nessuno ha a disposizione tanto contante tutti andranno sul mercato e venderanno obbligazioni, in altre parole s’indebiteranno.
In un déjà vu dell’acquisto dei beni tossici delle banche da parte del Tesoro americano, la Banca Centrale europea s’impegna poi a intervenire sul mercato internazionale per acquistare le obbligazioni dei paesi deficitari, spingendosi fino al mercato repo, quello dove finiscono quelle spazzatura prima di andare in bancarotta, e le acquisterà ogni volta che sarà necessario. E dato che non ha fondi a sufficienza per farlo dovrà vendere titoli “buoni” per acquistare quelli “tossici”. Tutte queste decisioni, naturalmente, vanno contro gli accordi di Maastricht e di Lisbona che vietano alla Banca Centrale Europea di comportarsi come una banca centrale di uno stato sovrano.
Non è però detto che questa strategia funzioni o che basti ad arginare la sfiducia nel debito sovrano dei mercati. Sebbene sulla carta il grande salvataggio di Eurolandia sembri perfetto - ed infatti lunedì i mercati si sono concessi una giornata di totale euforia -, in pratica però si tratta di un gigantesco indebitamento di cui nessuno è a conoscenza delle modalità. Tra le domande che gli operatori si pongono ce ne sono alcune che pesano più di altre: il fondo di stabilità è una garanzia di solvibilità o un semplice fondo? Il mercato vuole sapere cosa succederà quando non ci saranno più soldi nelle sue casse e bisognerà “salvare” l’ennesima nazione. Quali le condizioni per accedere al fondo e chi lo monitorerà, l’UE, il FMI o tutti e due? Quando entrerà in vigore e sarà operativo questo fondo?
Ma anche se trovassimo una risposta a tutte le domande tecniche esistono dietro l’angolo altri ostacoli: il meccanismo di salvataggio proprio perché va contro lo spirito dell’Unione e poggia sull’indebitamento dovrà essere ratificato dai parlamenti di ciascun paese ed in alcuni di questi, ad esempio la Germania e l’Olanda, questa potrebbe essere un’impresa non facile. L’intervento della BCE anche se “sterilizzato”, e cioè tenuto lontano dalla creazione di moneta nell’Unione, rappresenta una minaccia per l’indipendenza delle banche centrali e farà gravitare le aspettative di inflazione e naturalmente la posizione debitoria di Eurolandia. Infine rimane la questione della ristrutturazione del debito dei paesi deficitari. La Spagna ha già detto che quest’anno taglierà il deficit dell’0.5% e dell’1% l’anno prossimo, con un tasso di disoccupazione al 22% ci si chiede come farà a farlo. Il Portogallo ha annunciato tagli dell’1% nel 2010 e del 1,5% nel 2011, ma si tratta di poca cosa di fronte alle dimensioni del debito pubblico europeo.
Il problema più serio è chi nel lungo periodo si accollerà il debito, i già indebitatissimi contribuenti europei? E tutte le piazze affari concordano che costoro non ce la fanno a tirare ulteriormente la cinghia. A che serve salvare l’Europa se per farlo dobbiamo sacrificarne gli abitanti?

di Loretta Napoleoni, Ha senso salvare l’Europa sacrificando gli europei?

Adieu Europe

[…] La crise économique qui frappe l’Europe s’étend, se diversifie et s’aggrave. Si cette tendance ne s’inverse pas, le projet le plus imaginatif et novateur en matière de géopolitique mondiale -l’intégration européenne- risque de mourir. L’ambitieux objectif de renforcer l’Europe en tant qu’acteur politico-économique cohérent et bien intégré sur la scène internationale est indispensable pour les Européens. Cela serait également bénéfique pour le reste du monde. L’Europe ne saurait défendre efficacement ses intérêts, maintenir le niveau de vie auquel se sont habitués ses citoyens et être un acteur mondial de premier plan si elle se fragmente de nouveau. Hélas, une Europe moins intégrée n’est plus aussi inimaginable qu’il y a encore quelques mois.

1. Après la crise européenne, l’avenir du continent pourrait être «Moins d’Europe»
Au niveau des politiques économiques des gouvernements; de l’impunité avec laquelle les politiciens opportunistes -tant ceux du gouvernement que de l’opposition- font de la langue de bois sur la gravité de la situation; enfin, et c’est très important, au niveau de la complaisance d’un public enclin à en vouloir aux responsables politiques qui jouent la transparence. […] En attendant, une Allemagne aussi riche que réticente à l’idée d’investir dans le sauvetage de ses partenaires méditerranéens interviendrait à coup de mesures tardives et partielles, largement façonnées par l’impression que sa contribution au projet européen a engendré des coûts inacceptables pour sa population. […] Un climat de sauve-qui-peut et de chacun pour soi commence à gagner les sommets européens. Beaucoup applaudissent la perte de prestige et l’affaiblissement des institutions de Bruxelles. […] Bien sûr, l’Europe ne disparaîtrait pas entièrement et continuerait de mener des initiatives qu’elle voudrait faire passer pour celles d’un continent uni, sain économiquement et cohérent politiquement. Mais le reste du monde se gausserait de ses gesticulations, sachant qu’elles émanent d’une région qui est sortie de la crise économique encore plus faible qu’avant. Pire, d’un continent qui est bien loin de là où ses ambitions auraient dû le mener.

2. Le second scénario, «Plus d’Europe», est possible et il faut travailler dans ce sens
[…] Non seulement «Plus d’Europe» est souhaitable, mais ce projet est tout à fait viable. Pour autant, il ne doit pas être synonyme de plus de Bruxelles, plus de bureaucratie ou plus de preuves d’incompétence (comme celles qu’on a pu voir au moment du choix des leaders de l’Union, lors de la gestion de la crise du trafic aérien provoquée par l’éruption du fameux volcan au nom imprononçable ou de celle -désastreuse- de la crise grecque. Un projet «Plus d’Europe» se bâtit avec des dirigeants qui savent dire la vérité à leurs compatriotes. Qui sont capables de leur dire que si les pays du continent ne réforment pas drastiquement leur économie et qu’on approfondit pas plus sérieusement l’intégration européenne, leurs enfants seront condamnés à avoir un niveau de vie inférieur au leur. Des leaders qui savent leur expliquer que l’Europe devra faire des sacrifices qui impliqueront de reconnaître l’impossibilité d’augmenter les salaires tous les ans quand le PIB baisse. Par ailleurs, les syndicats doivent accepter que le marché du travail soit soumis à plus de concurrence. Le patronat que les marché des biens et services soit également plus concurrentiel. Il faut faire admettre que les profits monstrueux de certaines banques sont la manifestation de distorsions à corriger au niveau des prix du risque. Que les Allemands, les Français et tous ceux qui ont amassé des réserves d’argent et les conservent sous leur matelas pendant que l’Europe se fragmente se fourvoient. Car, à long terme, une telle attitude dessert leurs intérêts. […]

L’opportunité de bâtir «plus d’Europe» est là. Pour ceux qui sauront la saisir.

par Moisés Naím, Adieu Europe”, Slate.fr

(It’s not fair, anyways) (Cartoonbox - Slate Magazine)

(It’s not fair, anyways) (Cartoonbox - Slate Magazine)

PIIGS: Portugal, Irland, Italy, Greece, Spain

La cote de l’humour anglo-saxon est en chute libre à Lisbonne. Les Portugais n’apprécient pas du tout, mais alors pas du tout, d’être traités de «cochons» par la presse anglo-saxonne et par les analystes de marché.

Toujours à la recherche d’un bon mot, les journaux britanniques ont en effet baptisé les pays de la zone euro les plus touchés par la crise économique et financière, les “PIGS “devenus depuis les “PIIGS”. Il s’agit de l’acronyme de «Portugal, Irland, Italy, Greece, Spain». Pigs, pour cochons, évidemment. Pas subtil du tout et surtout très insultant, bien plus que l’ancien «Club Med» inventé par les Néerlandais et les Allemands lors de la négociation du Pacte de stabilité et de croissance, entre 1995 et 1997.

Je reviens tout juste de Lisbonne, où j’ai rencontré José Socrates, le premier ministre portugais (l’entretien paraitra demain dans Libération et demain soir, en version longue, sur mon blog), et plusieurs de mes confrères portugais. Tous m’ont dit à quel point cette trouvaille les avait blessés. Après l’affaire de Madeleine McCaan, la petite fille anglaise qui a disparu au Portugal, voilà qui ne va réchauffer l’atmosphère entre les très vieux alliés de “l’axe du Porto”, comme me l’a dit l’une de mes consoeurs: «il y a des limites, surtout lorsqu’on regarde l’état de l’économie britannique».

par Jean Quatremer, Un cochon obstrue la route du Porto, Coulisses de Bruxelles, UE

L’Italie (de Berlusconi) vue de l’Europe: une province en voie de barbarisation

L’Italie est-elle un pays normal? L’anomalie que représente Berlusconi - le fait qu’il concentre le pouvoir politique et médiatique, qu’il utilise le Parlement comme «usine» à fabriquer des lois destinées à le sauver des tribunaux, qu’il vomisse sur la magistrature, qu’il critique sans arrêt la Constitution, qu’il réduise la politique à des blagues et des déclamations histrionesques, qu’il traîne derrière lui les casseroles de ses scandales sexuels - inciterait à répondre non.

Mais il y a plus. Ce qui frappe, par exemple, c’est qu’après avoir été qualifiée de laboratoire avant-gardiste de l’Europe, l’Italie, aujourd’hui, régresse à un statut «provincial». Sa classe politique elle-même est provinciale, voyage peu, ne parle que rarement anglais. Le rôle central encore attribué à la télévision demeure «années 80». On va «en» télévision endimanché, tout est entertainment, pub, talk shows hurlés, fesses et dentelles, les émissions d’enquête sont rarissimes, celles, de réflexion, auxquelles participeraient philosophes, historiens, sociologues, psychanalystes ou hommes de sciences n’existent pratiquement pas. Un soir sur deux, sur Rai Uno, animée par un inamovible journaliste doucereux et caudataire, il y a Porta a porta, sorte de messe à laquelle participent toujours les mêmes leaders politiques, et qui n’est pas loin de remplacer Chambre et Sénat. Très rarement, dans le public des émissions politiques, sportives ou de variété, on voit un Noir ou un Métis.

Nouvelle province, l’Italie perd des points dans à peu près tous les classements, qu’ils concernent l’école, la santé, l’écologie, les droits, la culture (budget massacré) et même la technologie. Encore récemment, après Bob Geldof, reprochant au gouvernement d’équilibrer son budget sur le dos des pauvres, c’est Bill Gates en personne qui est intervenu pour accuser Berlusconi («Les gens riches dépensent beaucoup plus d’argent pour régler leurs problèmes personnels, comme la calvitie, qu’ils ne le font pour combattre le paludisme») de réduire de moitié les aides publiques au développement promises devant les caméras, faisant de l’Italie «le pays européen le plus avare».

Même régression au niveau informatique. Sait-on qu’en raison du décret Pisanu la connexion wireless à Internet dans un lieu public, un aéroport ou un cybercafé est soumise à la présentation d’une carte d’identité? Que les crédits pour le développement du haut débit sont gelés depuis 2008, que du côté de la majorité, des voix se lèvent pour demander le contrôle de social networks tels que Facebook? Que des pétitions sont signées partout, demandant au gouvernement d’«émanciper Internet» de normes législatives pénalisant le futur du pays, lequel, pour l’accès à la Toile, est déjà «arriéré et sous-développé par rapport au reste de l’Europe»? Il est vrai que Berlusconi est homme de télévision old style, pour qui Internet est dangereux, parce que «liquide», incontrôlable - et hors de son empire.

Mais c’est au niveau sociétal que la régression est la plus nette. Berlusconi mobilise tellement l’attention qu’à l’étranger on ne voit pas très bien que le fait majeur est plutôt une «liguisation» de la société, entraînant une dégradation morale et civique, sinon une «barbarisation» de l’Italie. La Ligue du Nord d’Umberto Bossi - dont l’organe, La Padania, écrivait : «Quand allez-vous nous libérer des nègres, des putes, des voleurs extracommunautaires, des violeurs couleur noisette et des gitans qui infestent nos maisons, nos plages, nos vies, nos esprits ? Foutez-les dehors, ces maudits!» -, alliée décisive du parti de Berlusconi, a fait élire ses hommes, dont plusieurs sont ministres, dans un nombre considérable d’administrations, a diffusé partout ses valeurs et son langage, dédouané et rendu normal le discours xénophobe. Il faudrait une bibliothèque vaticane pour énumérer les discours d’incitation à la haine raciale, d’homophobie, d’«anti-méridionalisme», prononcés par ses leaders. Qu’on regarde sur YouTube des vidéos de Monsieur Mario Borghezio, ou qu’on écoute quelques extraits d’émissions de Radio Padania : dans aucun pays on tolérerait un tel déchaînement de haine, et de bêtise, xénophobe! On défend les valeurs chrétiennes, la famille, le travail, on veut la croix sur le drapeau italien et le crucifix dans les écoles, mais le ministre de l’Education prévoit d’imposer un quota d’étrangers dans les classes, le ministre de l’Intérieur a voulu instituer des rondes de surveillance (bide colossal, heureusement, personne ne s’étant présenté pour les constituer), a instauré comme délit le seul fait d’être un étranger sans papiers. Une petite star de la politique, chef d’entreprise à la droite de l’extrême droite, pressentie pour être sous-secrétaire au Welfare parce que bien aimée de Berlusconi (à propos duquel elle avait dit : «il est obsédé par moi, mais il n’aura pas mon…», ou «il n’aime les femmes qu’à l’horizontale»), s’est distinguée finement en déclarant que «Mahomet était un pédophile». Un fanatique (un élu) tenait à désinfecter les trains empruntés par des Nigérianes, un autre (élu aussi) voulait «éliminer tous les enfants (rom) qui volent les personnes âgées» et, interrompu par les applaudissements du «peuple de Padanie», invitait les musulmans à aller «pisser dans leurs mosquées». D’autres encore ont mis le feu à des baraquements d’immigrés, proposé des wagons de trains ou des lignes de bus séparés pour Italiens et étrangers… Discriminations en tous genres, agressions, ratonnades, crimes parfois, banderoles et cris racistes dans les rassemblements de la Ligue, véritable chasse à l’homme noir, avec bâtons et fusils, qui évoque, pour la presse internationale, le Ku Klux Klan, et qui, au ministre de l’Intérieur, fait dire : «Nous avons fait preuve de trop de tolérance envers les immigrés.»

Cela suscite peu de réactions en Europe. Et c’est sans doute en ce sens que l’Italie est le plus «provincialisée»: on la regarde de loin et de haut, tout en l’aimant pour sa cuisine, son art et ses paysages, on ne la prend guère au sérieux, ni dans le bien, ni dans le mal. Qu’on imagine ce qui se passerait dans les rues de Londres, de Paris, de Berlin ou d’ailleurs si la Ligue du Nord était un parti, disons, autrichien, ou français, et si Umberto Bossi s’appelait Jörg Haider !

par Robert Maggiori, L’Italie de Berlusconi, un pays en voie de barbarisation”, Libération