Catherine Deneuve, Paris, Esquire, 1976
Photographer: Helmut Newton (via maliciousglamour)
Le spleeff de Paris : Baudelaire, pas si drogué qu'on le croit
Ah ! Cette fiole de laudanum, opium dilué dans l’alcool… Dans « Chambre double » tirée du « Spleen de Paris » (1861), elle est présentée comme une « vieille et terrible amie ». Elle arrive dès 1847 sur sa table basse pour combattre les affres de la dépression et alléger ses douleurs intestinales issues de la syphilis, probablement contractée durant sa relation avec la prostituée Sarah la Louchette dès le début des années 1840.
Consommation d’ordre médical, donc. Tout comme celle de Thomas de Quincey, qui souffrait de névralgies faciales aiguës ; la traduction de ses « Confessions d’un Anglais mangeur d’opium » (1822) fournira à Baudelaire la deuxième partie des « Paradis artificiels ».
Dans une lettre à sa mère datée du 17 février 1866, Charles indique une consommation maximum de 150 gouttes par jour d’une préparation deux fois plus forte que celle de Quincey, mais l’Anglais en consommait 8 000 gouttes par jour…
Toxico modéré, l’auteur de « L’Invitation au voyage » tente une rehab en 1860, au moment même de la publication intégrale des « Paradis artificiels » et sans doute en suivant l’exemple du sevrage de Quincey.
L’ouvrage se révèle moraliste (« Les chercheurs de paradis font leur enfer, le préparent, le creusent avec un succès dont la précision les épouvanterait peut-être »), mais ses visions illuminées suscitent la tentation :
« L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes, allonge l’illimité, approfondit le temps, creuse la volupté et de plaisirs noirs et mornes remplit l’âme au-delà de sa capacité. »
L’opium n’est plus thérapeutique : il devient un puissant adjuvant créatif, par conséquent destiné aux artistes et à eux seulement. On lit alors dans « L’Homme-Dieu » (1860) :
« Pour juger les merveilles de l’opium, il serait absurde d’en référer à un marchand de bœufs ; car celui-ci ne rêvera que bœufs et pâturages. »
métro Pigalle (via passagedenfer)
There is no ending to Paris and the memory of each person who has lived in it differs from that of any other. (…) Paris was always worth it and you received return for whatever you brought to it.
Ernest Hemingway, extract from “A moveable feast”








