1. L’électorat catholique ne bouge pas facilement
Nicolas Sarkozy a beaucoup travaillé pour apprivoiser cet électorat. Sur la question de la laïcité, il s’est placé en rupture avec ses prédécesseurs. On se souvient par exemple du discours de Latran du 20 décembre 2007 (« La laïcité a tenté de couper les racines chrétiennes de la France, elle n’aurait pas dû »).
2. L’électorat catholique apprécie les discours sécuritaires
Comme le souligne Jérôme Fourquet de l’Ifop, ces électeurs peuvent certes être sensibles aux positions de l’Eglise sur la question des Roms, mais ils le sont aussi, de par leur composition sociologique, aux discours sur la sécurité. La cote Nicolas Sarkozy a récemment grimpé de deux points, et pour les sondeurs, le barouf qu’il a organisé sur la sécurité n’y est pas pour rien.
3. L’électorat catholique vote peu à gauche
L’électorat catholique, plutôt âgé, se déplace difficilement d’une famille politique à l’autre. Les catholiques sont traditionnellement plus conservateurs que les autres Français, et nombreux d’entre eux ont été formés à la vie politique à une époque où la gauche était engagée dans des combats pour la défense de la laïcité (comme sur l’école). Bref, Martine Aubry, elle même issue d’un terreau familial catholique, ne devrait pas trop compter sur un grand basculement. Pendant la campagne de 2007, Ségolène Royal avait tenté de séduire ces électeurs (autour du thème de l’« ordre juste »), mais sans grand succès. Si, lassés du bling-bling et des politiques ultrarépressives, des catholiques se détournent de Nicolas Sarkozy, ils se tourneront donc plus volontiers vers d’autres personnalités de droite comme François Bayrou, Christine Boutin, ou même Dominique de Villepin, qui vient justement de lancer un appel à « réagir en conscience » à la politique actuelle… Mais ces déplacements de voix devraient n’être que très marginaux.
par Pascal Riché, “Roms : Sarkozy a peu de risques de perdre l’électorat catholique”, Rue89